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Ce blog est et restera uniquement et sobrement dédié à la présentation de photos de mes pérégrinations à travers la Croatie. N'attendez donc aucun supplément d'information qu'un titre le plus explicite possible, ceci ne dépassant pas les 10 mots...
Contrairement à ce que l’en tête de ce blog énonce, j’ai décidé aujourd’hui de publier plus de 10 mots et non plus seulement des photos aux titres plagiés (cf. la bible Guide du routard...). Certains, fanatiques des proverbes, en tireront la conclusion que je ne suis définitivement pas un imbécile (merci à vous...) d’autres (je ne vise personne mais beaucoup sauront (se) reconnaître) me taxeront de renier mes convictions... Finalement, tant pis, le monde ne serait pas ce qu’il est sans des « renieurs » (chacun sa référence)...
Ainsi donc, je prends le clavier en main, pour vous narrer deux grandes semaines de ma vie (qui vous le remarquerez datent un petit peu... mais bon il vaut surement mieux tard que jamais...), qui m’ont emmené de la Bosnie-Herzégovine aux îles de Croatie en passant par le Monténégro, Dubrovnik ou encore Split...
Je tiens préalablement à m’excuser pour le caractère assez peu personnel de la démarche, mais il m’était bien entendu impossible de rédiger un commentaire annoté pour chacun de vous (quand vous voyez le temps qu’il me faut pour en faire un seul...)... Alors toutes mes excuses si certains passages sont barbants, obscurs ou tout simplement inintéressants (pas trop quand même j’ose espérer...) et pour les plus pressés ou les enfants, il y a tout pleins d’images dedans...
Ainsi donc, départ le 3 février au matin (certains me connaissant plutôt bien savent que pas trop tôt quand même). A quatre dans la 206 made in France - Juliette, composition européenne, hispano-suédo-française. Cap vers l’Est. Traversée de la Croatie rurale, verte et calme. Arrivée à la frontière, premier ennui, ou comment faire comprendre à un douanier bosniaque que « si si, tu peux le jurer tu l’as ce papier de l’assurance avec la bonne date dessus... ». Après un petit coup de stress, tout s’arrange et on peut enfin pénétrer en Bosnie-Herzégovine, avec le panneau de bienvenue qui va avec. Après le premier ennui, la première surprise, le panneau en question ne souhaite pas la bienvenue en Bosnie-Herzégovine mais en Republika Sprska. Ce qui m’amène donc, l’occasion est bien trouvée, à faire un petit point sur la situation pour le moins compliqué du pays. Premier point pour les sciencespoteux qui composent une partie non négligeable de mes lecteurs et qu’il faut donc flatter comme il se doit (pour ceux que ça barberait rendez vous au paragraphe suivant). Depuis 1995 et les accords de Dayton, la Bosnie-Herzégovine (puisque c’est le nom officiel complet) est censé être une sorte de fédération divisée entre la Republika Sprska au Nord et à l’Est, composée quasi-exclusivement de serbes-orthodoxes, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (ne pas confondre avec l’entité générale) composé de Musulmans, là aussi attention, pas les membres de la religion (bien qu’ils soient aussi musulmans) mais l’ethnie (puisqu’il y a une ethnie Musulmanes, un problème de majuscule...), et de Croates (là encore l’ethnie et non pas la citoyenneté...). Le problème est que pendant la guerre les Serbes et les Croates ont massacrés les Musulmans et se sont eux-mêmes génocidés partout où cela leurs était possible. D’où un certain souci pour vivre ensemble aujourd’hui, bien que les Croates vous diront qu’ils sont des modèles de tolérance et que maintenant, tout le monde fait partie de la famille, et qu’on l’aime et l’intègre... Cela n’empêche pas la Republika Sprska de demander de plus en plus fortement son indépendance... Et pour couronner le tout, vous mettez un zeste d’ingérence (« droit ou devoir ?? ») de la communauté internationale dont le Haut Représentant est censé prendre toutes les décisions finales, après que les présidences tournantes, concertées et communes (triple sic) locales aient joué de démagogie pour se renvoyer les fautes et la non-prise de décision transformée en sport national. Enfin à part ça, ça va, l’ONU retire des militaires peu à peu ce qui est censé être un signe de l’apaisement de la région. Fin du flash...
Rebonjour à ceux qui nous rejoignent, je reviens donc au passage de frontière. En quelques mètres on change non pas de pays mais de planète. D’un pays candidat à l’Europe presque émergent, et un autre pas encore remis d’une guerre terminée depuis plus de 10 ans, pas vraiment émergent, avec son cortège de maisons détruites et laissées en l’état faute de moyen, le tout mêlé à une grande pauvreté. Le choc est assez rude au début. Vue de notre IEP, avec toute la bonne conscience et la culture (censées être...) associées, et avec tous les efforts d’imagination, il est difficile de concevoir précisément ce que sont réellement ce genre de situations. Soit... Après ce premier contact, la neige nous prend de court en pleine montagne, mais notre pilote de rallye à la situation en main (ça c’est pour rassurer mes parents et les parents du pilote en question...). Puis arrivée sain et sauf à Sarajevo. Premier contact surprenant, à l’arrivée dans le Novi Sarajevo (nouveaux quartier en hauteur et béton pas vraiment stylisé...), avec d’énorme mosquée dans le style architecturale néo-Las Vegas, tout en lumière verte et rose fluo... Peut être pour être plus repérable vue du ciel... Allez savoir... Plus sérieusement, ce premier contact a été l’occasion de quelques retours d’images. Celles de journaux télé, qui bien que datant de plus de 10 ans et que j’étais encore jeune à l’époque, me reviennent et se calquent sur ce que je vois aujourd’hui, la grande avenue de Sarajevo, sorte de ligne de front à l’époque, l’hôtel Holiday Inn, où étaient regroupés les journalistes, le personnel des ONG et de l’ONU. Quelques souvenirs dispersés et un peu confus... Enfin, après s’être un peu perdu, on a fini par retrouver notre hôtel sur les hauteurs de la ville, correct pour le prix... Fin d’une longue première journée...
Notre deuxième journée nous à permis de découvrir un peu mieux cette ville. Avec un invité de marque, la neige qui ne nous lâchera pas ce jour là. Les premières impressions en vrac. Une cohabitation, plus ou moins bonne dans la réalité, mais du moins du point de vue des bâtiments, de trois religions, à proportion à peu près égales, mosquées, églises catholiques et orthodoxes, le tout pour un mélange de style et d’ambiance très agréable pour les visiteurs que nous sommes.
Dans le même registre, cohabite différente période architecturale et politique, les traces de l’occupation turc, la période austro-hongroise, le communisme titiste, avec chacun ses quartiers, ses bâtiments typiques et l’atmosphère qui va avec...
Moment important de cette première journée, la prise de contact avec la gastronomie locale : le čevapi, plat à base de viande hachée, oignons et pita, associés à du kaymak, fromage frais fondant, délicieux !! et le burek, sorte de pâte feuilletée avec du fromage ou de la viande... Avec ces restaus typiques une ambiance locale assez exceptionnelle... On comprendra aisément pourquoi McDo n’a aucun fastfood dans le coin (véridique...). Enfin bon, vous me connaissez assez pour savoir que quand la gastronomie est à la hauteur, rien ne peut gâcher mon moral (sauf quand après une surconsommation ton corps te rappelle que les légumes et les fruits sont aussi très bon pour toi... Pas de détails sur ce point...).
Autre moment important, et deuxième point sciencespoteux. Moment de recueillement à l’endroit de « l’attentat de Sarajevo », connue pour avoir déclenché la première guerre mondiale. Avec la plaque commémorative et le musée de circonstance et de précieuses informations qui permettent de mieux comprendre l’évènement, ou comment l’histoire ne tient qu’à un fil.
Se dire que si la première bombe lancé sur l’archiduc François Ferdinand avait finalement explosée, le nom que l’on aurait dans nos livre d’histoire ne serait pas Gravilo Princip, que si l’archiduc n’avait pas joué l’imprudent en refusant d’annuler la visite officielle suite à cette attentat manqué, ou encore si Princip, réfugié dans un café (lieux de l’actuel musée) voyant chacun de ses compagnons se faire arrêter, n’avait pas succombé à ses idées suicidaires avant que la voiture impériale décide de finalement changer le chemin officiel pour passer juste devant lui, ou encore que victime de son ego surdimensionné François Ferdinand n’avait pas exigé que sa veste soit cousue sur lui, rejetant l’idée (au combien déshonorante...) du bouton, ce qui empêchera les médecins de le soigner dans l’instant... Pleins de petits détails insignifiants comme ça, mais qui auraient pu donner à l’histoire une direction différente...
En se promenant dans cette ville, comment échapper à toutes les séquelles de la guerre, les maisons criblées de balles, l’ancien hôtel de ville puis archives nationales, magnifique bâtiment de l’ère ottomane, incendié avec une grande partie de la mémoire et de la culture de la ville...
En levant les yeux de ses pieds, la situation géographique des lieux explique, peut être, une certaine « prédisposition » à la destruction (puisque Sarajevo est sûrement une des villes ayant le plus souffert dans son histoire) puisqu’entourée par des collines, ce qui en fait un terrain de jeux privilégiés pour tous les fanas de pilonnage, artillerie lourde, mortier et autres gentils joujoux... Les Serbes se sont plutôt bien amusés, sans pour autant réussir dans leur entreprise de siège, mais toujours est il que les dégâts sont encore visibles...
Visible comme la France (oulala la transition !!) qui même loin de chez elle aura toujours le souci de se rappeler au bon souvenir des autochtones... Pour ce faire, un monument, un Chirac président en inauguration des chrysanthèmes, pour célébrer les valeureux soldats français « morts pour la paix » en Bosnie. Ca serait presque normal et décent (de notre côté français ça l’est assurément...) mais quand on compare les quelques dizaines de soldats français aux dizaines de milliers de femmes, d’enfants bosniaques morts sous les bombes ou de faim pendant le siège de la ville, ça fait tout de même réfléchir... Dernière pensée de ce deuxième jour...
Jour suivant, départ de bon matin en exploration, vers la banlieue de la ville, à la recherche du musée « Tunel ». Entre temps, changement de région administrative en plein cœur de Sarajevo, passage en Republika Srpska et les quartiers serbes refaits à neuf comme pour montrer que s’il existe un moyen d’être heureux alors ce moyen est serbe. Propagande subliminale. Enfin, après être sorti de la ville, s’être perdu près de la base militaire européenne, on a fini par trouver le musée en question. Une vieille maison complètement défigurée à la mitrailleuse mais qui abrite un haut fait de résistance anti-serbe.
C’est dans cette maison qu’aboutissait un tunnel de 800m, le seul point de sortie de la ville. Les forces internationales ayant négocié un statut international à l’aéroport, c’est logiquement que les sarajeviens se sont dirigés vers cette « lumière onusienne » avant d’être refroidi par les rafales des casques bleus selon les termes de l’accord passé avec les serbes. Pas d’autre choix dans ce cas, méthode à l’ancienne ; le tunnel.
Aujourd’hui la maison a été transformée en musée, petit mais vraiment intéressant voir émouvant, étonnant aussi ; croisant la photo de Richard Gere accroché au mur, ce qui me laisse à penser que bientôt, dans les salles de ciné, on pourra admirer un festival d’effets spéciaux, d’émotion autour de la création d’un tunnel de la liberté envers et contre tous, avec peut être une belle et chaotique histoire d’amour, et je pousserai même l’émotion à l’extrême si les protagoniste de la dite histoire étaient une Musulmane et un militaire serbe, avec je sais pas... un Brad Pitt par ci, un Bruce Willis par là sans oublier Samuel L. Jackson (pour la représentation des minorités visibles, c’est dans le contrat...).
Bref, plus sérieusement, un moment important de notre séjour.
Puis, plus sportivement, visite du musée des JO Sarajevo 1984, ça date mais ils n’ont pas vraiment tournés la page. Nostalgie des temps de faste et de gloire. L’emblème des jeux est encore utilisé par tous les politiciens comme soutien politique (certains ont Doc Gynéco, alors faut pas juger...). Intéressant même si ça sent un peu la poussière de la page qui a du mal à se tourner...
Ce jour là le soleil est de retour, la vie en ville avec le début de la semaine. Les enfants sont d’école, les vieux de prière. L’ambiance est toute différente, beaucoup plus heureuse, animée ; on se sent bien à flâner, se reposer sur un banc profitant du soleil et le chant d’un muezzin, en spectateur d’une partie d’échec. Voilà le tableau. Puis tentative de prise de hauteur. Vue des collines au soleil couchant pour une séance de contemplation - méditation sur un air de bataille pacifique du bedeau et du muezzin entre cloche et porte voix, expérience inédite.
Dernier regard sur cette belle ville qui mériterait quelques siècles de repos.
Lendemain matin départ vers le Sud. Surprise de la beauté du pays avec montagnes et gorges magnifiques. Des vallées vertes, des lacs, des cascades... C’est beau et ça ne figure dans aucun guide touristique. Peut être un jour.
Arrivée à Mostar, ville en reconstruction avec malgré tout, après plus de dix ans après la guerre, beaucoup de bâtiments éventrés laissés à l’abandon. Pour trois raisons : un problème d’argent et de temps, comment repartir de zéro sans une période de transition, un problème d’assurance, les questions du genre qui doit payer, qui était propriétaire, quels sont les dégâts réels - ce qui prend du temps, et enfin un problème moins évident, pour les anciens propriétaires il coûte moins cher de construire ailleurs plutôt que de démolir, dégager et reconstruire. L’Etat ne peut faire que peu de chose, soit il prend les choses en main et quand le travail est fait, l’ancien proprio revient pour réclamer son bien. Au fond que des problèmes d’argent mais qui ralentissent incroyablement le processus. Toujours est il que la vie se reconstruit autour des ruines et qu’on doit peut être s’y habituer...
Evidemment à Mostar, il y a une chose à voir et on l’a vu : le pont. On l’a vu, photographié sous toutes les coutures, les angles et les premiers plans... Ca reste un beau monument, censé prouver une certaine réconciliation entre les deux parties - Croate et Musulmanes - un peu une illusion au fond.
Ca sent plus le statut quo, du moins ont se tape plus que sur les terrains de football et par emblèmes interposés... Genre croix de plusieurs mètres de haut au sommet d’une colline, vue par tous et partout, plus haut, plus loin, plus fort qu’un minaret, évidemment... Et puis combat de hauteur avec la construction d’un clocher pour la nouvelle église dans le style gratte-ciel, concours de celui qui sera plus prêt du ciel... A part ça, la partie Musulmanes de la ville est très jolie, reconstruite et accueillante.
Enfin bref, reprise de la route vers la mer. Le temps de traverser de nombreuses maisons détruites et laissées à l’abandon, visiter une nécropole et stèles funéraires de plusieurs siècles, puis découverte d’une des curiosités locales, les villages du Sud. Du style panneau d’entrée d’une ville, jusque là rien de bizarre, quelques centaines de mètres, un nouveau panneau, de sortie cette fois, toujours rien d’anormal, sauf que... on a pas croisé ne serait ce que l’ombre d’un bâtiment. Donc pléthore de villes fantômes avant l’entrée en territoire serbes et le brillant des villes modèles.
Dernière surprise de la cohabitation, avec la guerre du timbre qui est différent à deux endroits d’un même pays.
Puis retour au pays - Croate, après un petit show humoristique d’un douanier bosniaque qui visiblement s’ennuyait fermement.
Lendemain, nouvelle frontière, avec le Monténégro cette fois, un peu moins drôle, presque irritant, mais bon ça valait le coup.
Le pays est absolument magnifique, même si des prémices de bétonnage par certains endroits. Visite de petits villages plein de charme en bord de mer, avec ses vieux quartiers bâtis en pierre.
Puis route de montagne, aujourd’hui délaissée au profit d'une route toute neuve et rapide, pour se diriger vers l’ancienne capitale royale, Cetinje. Route grandiose, usant les cartes mémoires d’appareils photos.
Après plusieurs heures de surprenantes infrastructures routières, traversée d’un désert montagneux sans croiser qui que ce soit, arrivée à Cetinje.
Première impression très bizarre, du genre ville américaine délaissé après une ruée vers l’or avortée. Notre pilote s’est senti des envies de se faire passer l’arme à gauche, mais bon à persévérer on peut trouver un certain charme à cette petite ville avec ses quelques palais pas plus luxueux qu’une grande maison bourgeoise. Mais bon, une ancienne ambassade de France, quand je disais que le pays vous rattrape où que vous soyez. Sous la pression des envies suicidaire, redescente vers la ville balnéaire de Budva, super touristique, casino, luxe et promenade à palmier. La petite vieille ville justifie la visite mais des architectes se sont donnés pour mission de nous bâtir quelques horreurs pour la postérité. Dommage...
Et puis, Sveti Stefan, un des joyaux du Monténégro mais... d’entrée payante. On apprendra plus tard qu’un milliardaire à racheter tout l’île pour y construire un pittoresque village hôtel...
Encore une fois dommage... Du moins surtout pour nous qui n’arpentons pas les hôtels quatre étoiles habituellement.
Enfin après la ville elle aussi balnéaire de Bar, dernière étape aux lacs de Jadarsko, parc national magnifique mais pas vraiment équipé pour la visite. Bientôt peut être. Du moins on l’espère d’autant que toute construction y est interdite.
Et puis retour définitif en Croatie.
Dubrovnik. Surement une des plus belles villes du monde. Vous me direz je ne passe pas pour le plus objectif pour dire ça, mais bon, j’assume et je signe des deux pieds.
Au programme, la découverte de la vieille ville, patrimoine de l’UNESCO, le tour des remparts coupant notre souffle. De part son statut, la ville a été reconstruite beaucoup plus rapidement, même si complètement détruite par les raids aériens et maritimes des armées yougoslaves et serbes pendant la guerre. Deux jours de repos dans cette belle, le soleil nous a abandonné tout comme les co-routards étrangers. Entre français pour la fin du voyage. Le temps de visiter de petits ports dans les environs, de montée sur les hauteurs de la ville.
Mais il est déjà temps de partir pour la deuxième phase de notre voyage : remontée vers le Nord par les mers et les îles.
Première étape, l’île de Hvar, surement la plus belle que l’on ait vue pendant ces deux semaines. Peut être que le temps printanier a aidé à apprécier. Premier bateau pour nous transporter vers des petites criques baignées par le soleil et les vagues turquoises de l’adriatique. Quand j’écris ça, je me pince pour arrêter de rêver, avant l’été cet avant goût est magnifique.
Visite des villes de Hvar et de Stari Grad, beau simplement beau, palmiers, petits ports de charme, du moins en basse saison avant l’arrivée des colons allemands. Le centre de l’île est tout aussi beau, montagnes, vignes, romarins et amandiers en fleur. Un des grands souvenirs.
Le lendemain avant le lever du jour, bateau pour Split. Arrivée pour le lever du soleil.
Visite de la ville en se laissant guider par nos pieds. Une des plus belles villes de Croatie, avec son palais de Dioclétien, déconstruit, reconstruit, pleins de vestiges de toutes les époques, du Sphinx au McDo en passant par la cathédrale gothique, les aigles napoléoniens...
Après une interview radio sur « qu’est ce que vous pensez de la Saint Valentin », le tout dans l’hésitation croate et l’absurdité de la question, alors que nous attendions d’embarquer pour Brać, deuxième île du périple. Différente de la première, peut être un peu moins de charme. Mais le même calme, la traversée de champs d’olivier, des plages désertés par les touristes et des petits ports avec le café à pécheurs attablés autour de verres de Travarica ou de Šlivovica, alcools locaux, au soleil couchant.
Tentative de visite du centre de l’île, deux heures de marche pour atteindre un monastère perché et isolé dans les montagnes surplombant la mer. Mais le temps (et la pluie...) nous rattrape et il faut déjà quitter cette îlots de calme et de paix, qui est aussi, pour l’anecdote, producteur de pierres fameuses, qui se retrouvent jusque dans la construction de la White House de Washington. Après ça, si on dit que l’influence politique de la Croatie est quasi nulle...
Etape suivante, deux très belles villes de la côte : Trogir et Šibenik. Très touristiques en été mais délaissées l’hiver, à notre plus grand bonheur. Un peu bâties sur le même modèle : un vieux centre, labyrinthe de ruelles, qui fait le charme d’une ballade sans but précis et sans carte. Spécificité de Trogir, la vieille ville est en fait une île qui se situe à moins dix mètres de la côte et donc reliée par de nombreux ponts.
Šibenik est plus en hauteur, avec un fort au sommet et une cathédrale immense et majestueuse. Période de carnaval et rencontre de classes avec des petits aristos autrichiens tout mignons...
Entre les deux villes, un coucher de soleil et une route de mer avec des surprises au détour de chaque virage.
Puis, journée idéale et lieu et température idéals, pour cette journée idéale. Température de Mai, parc national de Krka au nord de Šibenik.
Deux visiteurs au compteur seulement, deux français en vacances en plein mois de février. Seuls pour admirer les cascades et les lacs qui se faufilent entre les montagnes. Avec en fond d’écran, une chaîne de montagne enneigée. Simplement beau, silencieux et reposant.
Ensuite, par les petites routes, traversée de la partie serbes de la Croatie, encore partiellement détruite. Point de problème dans les négociations UE-Croatie, cette dernière étant censée favoriser le retour des réfugiés qu’elle a génocidés dix ans auparavant avec le tristement célèbre général Ante Gotovina, aujourd’hui emprisonné à La Haye, mais toujours un héros dans certaines partie du pays, en témoignent les T-shirts, les posters ou encore drapeaux le glorifiant, sur les marchés... Après quelques heures de voiture et de bateau, arrivée sur notre dernière île : Rab. Paysage désertique quasi-lunaire.
Le temps de visiter les petites villes de l’île, les plages, mais aussi un ancien camp de concentration italien pendant la seconde guerre mondiale, histoire d’accorder l’ambiance avec le temps qui s’assombrit. Le tout avant le retour définitif sur la terre ferme (jusqu’à la prochaine fois évidemment...).
Route de bord de mer, puis tentative de percée dans les montagne, par les routes blanches de la carte Michelin, bonne idée voir même originale jusqu’à ce que le macadam se transforme en terre et cailloux, et la route de montagne en chemin forestier. Après quelques heures chaotiques et boueuses, apparition, finalement de maisons, vides certes, mais des maisons annonçant une vraie route. Une curiosité aussi, un vieux monument communiste datant de 1947 à la gloire du vaillant soldat combattant contre le mal nazi à la gloire bolchévique. Incursion dans un temps oublié, comme le monument d’ailleurs, perdu dans la montagne sans aucun visiteur et aucune ligne dans quelques guides que ce soit.
Finalement arrivée dans notre dernière ville étape, Ogulin, pas vraiment transcendante après ce que l’on a vu et dernière journée consacré à la visite d’une vieille station de ski vouée à un mort très prochaine par son manque de hauteur, un dernier lac et enfin cap sur Zagreb. Entre temps détour par Karlovac, ville habituellement visitée à travers la vitre de la voiture sur l’autoroute de la mer, et qui méritait ce jour là une halte pour conclure ce long voyage sur les routes de Balkans.
Je terminerai juste en vous disant que j’espère que ce (long) résumé de voyage vous aura donné envie de venir découvrir cette région du monde magnifique, que les quelques photos seront mes alliées dans mon entreprise de promo même si comme dirait Juliette « Chuuut... Ca doit rester notre secret... ». Raté...
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